Elle a été gravée dans la pierre il y a 35 000 ans. Sculptée, peinte, tissée, cachée, célébrée. La vulve est l'un des symboles les plus anciens et les plus universels de l'humanité — et l'un des plus chargés de contradictions.
Dans les arts préhistoriques, la représentation du sexe féminin est omniprésente. Les Venus paléolithiques, comme la Venus de Willendorf, célèbrent la fertilité, la vie, la puissance créatrice. La vulve n'est pas un tabou : elle est sacrée. Elle représente l'origine, la naissance, le mystère du vivant.
Cette sacralité se retrouve dans de nombreuses cultures : les Sheela-na-Gig des églises irlandaises médiévales, les déesses de la fertilité mésopotamiennes, les yoni hindoues. Partout, le sexe féminin est représenté comme une force — protectrice, génératrice, divine.
Puis vient le silence. Avec le développement des sociétés patriarcales et des religions abrahamiques, ce corps si représenté devient objet de honte, de censure. Ce qui était puissant devient tabou.
Mais les artistes n'ont jamais cessé de le représenter — Courbet avec son scandaleux "L'Origine du monde", ORLAN, Sophie Calle, les féministes des années 70 qui revendiquent le droit au corps. Aujourd'hui, les créatrices de bijoux comme Montesino Joaillerie reprennent ce symbole : non pour choquer, mais pour réaffirmer que ce corps est beau, puissant, et mérite d'être célébré.